Je dégageait le corps de Bob de ma tombe, et entrepris de creuser avec les moyens du bord : ce que j’avais en guise de main. Mais alors que ces dernières, ensanglantées, creusaient sans résultat, des sirènes de police se firent entendre. Apeuré et
sans réellement comprendre pourquoi, je pris la fuite, enfourchai mon
vélo crevé, puis pédalai jusqu’au lieu du commencement. La route
fut longue, et je dus prendre quelques chemins de campagne afin de ne
pas tomber face à face avec des policiers qui jamais ne pourraient
comprendre la vérité. Seul le docteur Ficher et moi la connaissions.
Malheureusement, Dieu seul savait ce qu’il était advenu de ce pauvre
docteur. Je supposai
que Zeus ne l’avait pas laissé partir si facilement. Si le docteur
m’avait dit qu’il rentrait chez lui, c’était à la morgue. Cette fois,
il n’aura pas été le médecin légiste, mais bien la victime.
Le son des
vagues me berçait doucement, tandis que le vent massait mon visage. Je
fermai les yeux, et profitai de l’odeur du large. Moi aussi. Moi aussi, j’allais retourner chez moi. En
regardant le précipice, il me vînt une réflexion toute particulière.
J’avouai sur l’instant ne plus savoir combien de fois j’avais sauté de
cette falaise. Si celle-ci serait la première, ou si elle était la
seconde. Si je sortais d’un purgatoire ou de l’enfer. Je regardai
derrière moi, de peur qu’une nouvelle fois Zeus soit là, à me demander
de me sacrifier. Cette idée me glaça le sang, et me fit avancer de
quelques pas. La chute se passa sans trop d’encombre. Le vent souffla à toute vitesse, m’obligeant à entre fermer les yeux. Et puis...