Textes divers

Une sorte de tiroir contenant tous les textes n'ayant pas de rapport direct avec la tétralogie.

Questionnement douteux

A chaque idée, ses doutes. A chaque projet, ses limites.


Le temps est venu pour moi de m'interroger sur les miennes.
Alors je pense, tourne en rond, pas à pas, lis, écris, puis efface.

Un abandon? Point! Jamais! Quelle idée?
Alors quoi?



A l'heure où j'écris ces quelques lignes, je travaille, à l'usine. Entrepôt fermé, couleurs froides et climat chaud.
Je tire le transpalette, pousse les colis, soulève bobines de plastique et autres roulaux de cartons.
Et puis, lorsque la chaîne fonctionne et que le temps vient à s'offrir à moi, je pique une ou deux fiches suiveuses, et en profite pour gratter à l'abris des regards -non pas indiscrets, mais Ô combien repressifs!

Je fais tout ceci, sans broncher, sans pestiférer. Pourquoi? Parce que l'argent, il en faut mettre de côté. Bientôt pleuvront les frais. Bientôt, je devrais être prêt.

Mais alors pourquoi tant se questionner si déjà le choix est fait?

L'un empêche pas l'autre, et le doute donne chaque jour assaut plus fracassant que la veille sur la forteresse de ma raison.
Vais-je céder?



Au jour où j'écris ces lignes -mes lignes- je dois l'avouer, de mon projet, mes écris ne sont pas dignes, et peu viennent les commenter.

Je communique, me lève et cris sur les toits! JE SUIS LA!!!
Mais rien n'y fait, rien de ce que j'écris n'est pour autant transformé.
Donc, tel la communauté, je pars en quête!
De quoi?


De moi! Ecrire, oui, mais à quoi bon, si je n'ai pas mon propre style? Si moi-même, je doute et tremble face à l'encre indélébile?

Mais rends-toi à l'évidence! Mon pauvre Thomas, tu dois te trouver toi-même, si tu ne veux pas que les autres te cherchent après!

Mais... Quoi? Je ne vous ai pas dit? Oh, je vois!
N'ai-je pas précisé quand avais-je ces interrogations commencé?
Et bien, sachez-le, elles seront bientôt terminées!


Mes amis, qui me lisez ; qui ,parfois, commentez -trop peu souvent- je le clame, l'annonce et le crains!!!





J'ai bien peur, aujourd'hui, de devenir réel écrivain.





Thomas Carnicer

02/09/2007
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Adam Bis (partie1/2)

Voilà un texte que j'ai du réaliser pour un exercice de seconde année de mon bts.

Le principe est que l'on assiste à la lecture du professeur, lecture d'un livre dont nous ne connaissons ni le titre ni l'auteur, pour ensuite écrire la suite.

Ici, le mot d'ordre était, je cite mon ancien prof' "Les gars, j'veux que ça parte freestyle complet!"

Donc pour la peine, voilà ce que j'ai rendu.
L'histoire est celle d'un homme dont on ne connaît pas le prénom qui souhaite se jetter d'une falaise, lorsqu'un riche artiste excentrique lui propose lme plus étrange des contrats: vendre son corps pour devenir la plus belle des oeuvres d'art.
Notre homme accepte, et est façonné au bon vouloir de notre artiste milliardaire: Zeus Peter Lama.
Mais la vie d'oeuvre d'art est difficile, et notre ami sombre dans l'alcool. La scène fait suite à une confrontation entre l'artiste, le chirurgien et "adam bis", l'oeuvre d'art.



Adam Bis
 
 



















        Zeus avait du mal à cacher ce que je ressentais comme une déception tandis que le docteur Ficher me regardait d'un œil sévère.
_Vous buvez ? Mais comment… Pourquoi !?
_Et bien...
Alors que je tentais de répondre aux multiples questions de Zeus, je tâchais de me rappeler que j'étais un adulte et non un écolier grondé par son professeur.
En balbutiant, j'expliquais à mes interlocuteurs la raison de ma faiblesse. Plus je m'égarais dans mes propos, plus la culpabilité m'envahissait.
_C'est tout !? Juste parce que vous vous sentez un peu seul, vous ruinez mon travail ? s'écria Zeus, scandalisé.
_Non, ce n'est pas seulement ça, je...
_Avez-vous ne serait-ce qu'une seule idée du mal que vous faites à votre corps en ingurgitant une telle quantité d'alcool ? coupa le docteur Ficher. C'est quasiment du suicide ce que vous faites !
Ils restaient là, dans le couloir, à me fusiller du regard dans ce procès qui me semblait interminable. Je ne saisissais pas complètement l'origine d'une telle colère. Après tout, c'est vrai, j'avais bu. Et après !
_Ne me parlez pas de suicide, dis-je, sur la défensive, vous savez très bien à quel point je suis doué pour !
_Vous êtes bien plus doué pour que ce que vous ne le pensez, très cher dit Ficher d'un ton grave.
Zeus le foudroya du regard, à tel point que je ne semblais sur l'instant ne plus exister pour lui. Jamais je n'avais vu un tel regard chez Zeus, s'en était presque effrayant.
Il se tourna vers moi, puis tenta de dissimuler sa colère derrière un large sourire. Je devinai facilement sa feinte, grâce notamment à ses yeux lançant encore des éclairs.
_Nous parleront de cela plus tard, si vous le voulez bien, me dit-il. Allez, retournez dans votre chambre. Le docteur Ficher et moi devons nous entretenir.
Je fus surpris de constater chez le docteur Ficher une sorte de peur sur son visage.
Alors que je fermais la porte, j'entendis le docteur présenter des excuses à Zeus, invoquant une précipitation.
_Allons, ce n'est rien...coupa Zeus. Allons parler de cela dans un endroit plus approprié voulez-vous ?
Je fermai doucement la porte. Les voix s'éloignaient dans le couloir, et je n'avais plus moyen d'écouter ce qu'ils pouvaient dire.

La gâche de la porte émit un bruit sec. Près du lit, mon « merveilleux » corps s'effondra et s'enfonça dans le matelas. Sur le dos, le regard lointain, mes mains soutenaient une tête qui n'avait jamais semblée aussi lourde.
Prendre du recul sur la discussion qui venait d'avoir lieu me faisait me rendre compte que ce qui affectait Zeus n'était pas mon état mental.
Ce n'était pas non plus de savoir ma santé en danger. C'était que son œuvre, son précieux Adam bis était abîmé.
Malgré la gratitude que je me sentais obligé d'avoir envers mon « créateur », je ne pouvais m'empêcher d'éprouver de la rancune envers cette attitude. Mais alors que je me donnais raison, je me rendis compte que je fustigeais Zeus simplement pour m'avoir ignoré.
_Tout ceci n'a aucun sens...
Bien que je fusse assez fatigué pour m'endormir, la compagnie de Melinda ne m'aurait pas déplu ce soir.
Perdu dans mes pensées, à la recherche de son fameux décolleté, je sombrais dans les bras de morphée.
J'entendis un bruit. Puis, une sensation étrange me fit tressaillir. J'ouvris les yeux et découvris Zeus, assis devant mon lit, avec ses deux cigarettes et son halo de fumée grise. Il portait un costume trois pièces blanc, qui le faisait se confondre avec le reste de la chambre.
Ma bouche pâteuse ne parvenait pas à articuler un seul mot. Je prenais peut à peut conscience que nous étions le matin. Moi qui croyais m'être seulement assoupi, j'avais dormi toute la nuit.
_Bien le bonjour mon cher me dit Zeus.
Il semblait avoir retrouvé sa bonne humeur et son enthousiasme habituel. Je supposai la raison de sa venue, et commençai à lui faire des excuses.
_Arrêtez, arrêtez... Je ne suis pas là pour ça, mon cher ami, dit-il en accompagnant ses mots de gestes calculés et gracieux.
Moi qui souhaitais faire des excuses sincères, voilà qu'il ne m'en donnait pas l'occasion. Pourquoi donc était-il venu, si ce n'était pas pour l'incident d'hier soir ?
_Vous devez sûrement vous demander pourquoi je me trouve ainsi dans votre chambre, au pied du lit, de bon matin ?
Comme à son habitude, il lisait en moi mes interrogations. Ma surprise dû se lire sur mon visage, car il afficha un sourire de satisfaction.
_J'ai une grande nouvelle à vous annoncer. Dans deux jours, je vais recevoir une récompense spéciale du plus grand artiste qui n'ait jamais existé sur Terre.
Il éclata de rire. Les multiples couleurs de ses dents traversèrent l'écran de fumée pour m'éblouir.
_Tout de même, c'est un comble que ces crétins mettent tant de temps à reconnaître que je suis le meilleur ! Il a avant cela fallut que je prouve au monde que personne ne pouvait se mesurer à mon talent. Quelle ironie... Je suis le talent réincarné ! Ce mot n'est qu'euphémisme pour moi !
Bien que j'avais déjà passé du temps en sa compagnie, jamais Zeus ne s'était montré si heureux. Jamais, même lors de ma présentation au monde,  il n'avait montré tant de...
_Satisfaction ! dit-il. Voilà le mot qui caractérise l'état d'esprit si particulier dans lequel je baigne depuis ce matin !
Il se leva, puis marcha d'un pas lent vers la porte.
_Oh, et j'oubliais, dit-il en se retournant, je compte à ce que vous soyez bien évidemment présent lors de cette soirée.
Il quitta la pièce, puis ferma la porte derrière lui. Pourquoi m'avait-il dit ceci ? Quand bien même cette cérémonie pouvait être ordinaire, pourquoi m'avoir rappelé que je devais venir ? Pensait-il que je comptais manquer à mon devoir ?
Durant toute la matinée, je fus assailli de questions de ce genre, au point de heurter Zoltan au détour d'un couloir.
Je m'excusai presque immédiatement. Son regard inexpressif me dérangea au plus au point. Il détourna les yeux, fit demi tour, puis parti dans sa direction.
Je soupirai, me rendant compte qu'une fois de plus, j'avais parlé. Ces litres d'alcool m'avaient rendu bien trop distrait, au point que j'en oublie les règles élémentaires.
_Que faites-vous là ? dit une voix derrière moi.
_Je peux vous retourner la question, répondis-je au docteur Ficher tout en me retournant.
_Je rentre chez moi.
J'écarquillai les yeux à sa vue. Il semblait pâle. J'aurais juré qu'il avait perdu du poids depuis la veille. Ses lèvres gercées et ses yeux fatigués témoignaient d'une nuit agitée.
Je restai immobile à le contempler. Y avait-il un rapport avec son « erreur » d'hier ?
Il fit quelques pas, puis s'arrêta, dos à moi. Il regarda dans toutes les directions, méthodiquement, comme pour vérifier que nous étions bien seuls dans ce couloir.
_Cette maison respire le malsain et l'abandon de soi, dit-il doucement.
Je pris pour moi cette remarque, faisant le rapport avec ma dépendance passagère et passée à l'alcool.
_Que voulez vous dire par là ?
Je voulais qu'il le dise lui-même. Je voulais pouvoir lui répondre face à face.
Il rit quelques quelques secondes.
_Si c'est que vous pensez que je compte me suicider dans un verre d'alcool, vous...
_Jamais plus vous ne pourrez vous suicider.
Je fus coupé net dans mon élan. Il se retourna et afficha un sourire triste.
_Comme je vous l'ai dit hier, vous êtes doué pour. Ce n'est pas pour rien que monsieur Lamar vous voulait, vous. Il vous a accordé plus de temps que vous ne pourrez jamais l'imaginer.
Ses paroles résonnèrent en moi, sans que je parvienne à leur donner un sens.
Il commença à partir. Je le retins par l'épaule.
_Qu'est-ce que vous essayez de me dire ?
Il sourit. Son regard paraissait plein de compassion.
_Vous le saurez. En tout cas, je l'espère pour votre salut. Vos frères seront à la remise du prix de monsieur Lamar. Puissiez-vous vous rendre compte avant la fin dans quel malheur ils vivent.
Il marqua un temps d'arrêt, ses yeux fixant le vide. Je restait raide, devant lui, à tenter de saisir ne serait-ce qu'une seule de ses paroles. Lui qui n'avait auparavant que rarement parlé, voilà qu'il me tenait aujourd'hui une conversation aussi étonnante qu'énigmatique.
_J'ai été ravis de faire votre connaissance Adam, mais l'heure est venue pour moi de quitter définitivement cette vie que jamais je n'aurais du choisir.
Etait-ce là des mots d'adieux ? Comptait-il se suicider ? Son épaule échappa doucement à mon emprise, et il s'en alla.
Perturbé, je déambulais sans but dans le dédale de couloirs. Jamais je ne m'étais senti aussi seul.
Je croisai Zeus sans me rendre compte de sa présence. Ce dernier m'interpella avec fougue.
_Que faites-vous donc, mon cher ? J'espère que vous n'avez pas encore cédé à l'appel du verre d'eau vive, car je ne saurais tolérer que mon œuvre soit souillée par un vice aussi vil que méprisant !
_Je ne bois plus, je vous assure ! me défendis-je.
_Bien. Voilà qui est une bonne nouvelle ! Allons déjeuner, si vous le voulez bien.

Le repas se déroula exactement comme les autres. A ceci près que sans trop savoir pourquoi, il était totalement différent à mes yeux. Une étrange aura avait envahie la salle à manger, à tel point qu'une atmosphère dérangeante troublait mon appétit. La table pleine de plats succulents ne parvenait qu'à me dégoûter.
Les merveilleuses jeunes filles étaient tout d'un coup comme une bande de chiennes, tout justes bonnes à quémander un os de la part de leur maître. Quant à ce dernier, je ne saurais exactement exprimer ce qu'il m'inspirait, mais il achevait un tableau infernal dans lequel les pêchés capitaux s'étaient donné rendez-vous.
Ecoeuré, je regardai mon assiette sans toutefois toucher à son contenu. Mon corps nu tressaillait sans cesse à tel point que j'eusse pu me trouver dans une chambre froide, malgré la chaleur ambiante de la pièce.
Je ne fus pas mécontent que le repas se termine, afin que nous puissions tous nous coucher.
Une fois dans ma chambre, je m'assis et me frottai le visage, fatigué d'avoir eu à camoufler durant toute une soirée mes émotions. Comme à l'accoutumée, le repas avait gagné en longueur et s'était prolongé jusqu'après minuit. Je craignais que Zeus eu découvert durant tout ce temps passé en sa compagnie les sentiments qui m'avaient gagné ce soir. Sans doute était-ce dû à ces choses ahurissantes que ce vieux bonhomme de Ficher m'avait dites.
J'espérai que cette impression ne dure pas, et que je puisse retrouver le plus rapidement possible la jouissance de la célébrité, que je puisse ne plus être torturé par des questions sans aucun sens.
_Que je puisse être à demain soir murmurai-je.

Je tentai le lendemain d'occuper ma journée à des passes temps efficaces afin de ne pas trop me languir des « Oh ! » et des « Ah ! » d'une foule éblouie par la beauté de mon corps.
Même dans ma précédente vie, jamais je m'étais autant ennuyé. Non pas que je n'eusse rien à faire, mais parce que je ne pouvais me défaire de l'unique pensée de briller ce fameux soir.
L'après midi, le soleil assassin me contraint à rester à l'intérieur. Seul dans ma chambre, je tournais en rond, sans but. Au bout d'un millier de pas, mon regard se posa au détour d'un meuble sur un endroit dans lequel j'avais jadis caché un bouteille de « poison rouge », comme l'appelait mon père.
Résistant à la tentation, je parvins une bonne heure durant à ne pas m'en approcher. Mais...
Je déplaçai le meuble, machinalement, puis pris la bouteille de vin rouge de sa cachette. Après tout, il n'en restait qu'une moitié, qui ne pourrait au pire des cas que me causer une envie de dormir.
Je bus au goulot avec délectation le bon vin qui s'échappait de la bouteille.
Un peu fatigué, je décidai de planquer la maudite dans son lieu de résidence originel, puis d'aller faire un petit somme.

_Allons ! Réveillez-vous, bon sang !
_Hum ? Qu'il y a-t-il ? répondis-je, les yeux à demi clos.
_Quoi, vous ne me reconnaissez pas ? Suis-je à ce point un inconnu pour vous que vous ne puissiez reconnaître celui qui a fait de vous ce que vous êtes ?
_Zeus ?
Le spectacle de terreur qui s'offrit à moi en ouvrant les yeux me fit me réveiller pour de bon, et en sursaut.
Des gouttes de sueur voyageaient sur mon front à la recherche de mes joues tandis que j'imitais de mon souffle le vacarme de la locomotive.
_Quelle horreur ! me dis-je.
Je venais tout juste de faire un rêve très particulier, de ceux que l'on ne souhaite à personne tant ce qu'on y voit est horrible.
J'avais vu dans le mien Zeus dans son costume blanc, maculé de sang, avec la tête du docteur Ficher dans ses mains.
J'avais du mal à contenir mon envie de vomir en repensant aux autres têtes –dont celles de mes frères- jonchant le sol.
Je sorti dans le couloir pour prendre l'air, me changer les idées. L'air était froid et l'atmosphère, pas particulièrement chaleureuse.
_Ah vous êtes là ! Je vous cherche depuis au moins cinq minutes, mon cher ! dit une voix familière derrière moi.
Pris d'une panique inexplicable, j'hésitai tout d'un coup à me retourner, de peur que l'image de mon rêve ne se reproduise.
Zeus ne me laissa pas le temps de ma léthargie passagère et fit lui-même le tour.
_Vous allez bien ? Vous avez l'air tout pâle.
Je ne souhaitais pas que Zeus apprenne que j'avais failli et que l'alcool m'avait une nouvelle fois conquit. Cependant, je décidai toutefois de lui dire la vérité.
_Je me suis assoupi, et j'ai fait un cauchemar, voilà tout.
_Bien, je vois !
Il marqua une pause.
_J'étais venu vous dire que le docteur Ficher avait été renvoyé hier, et qu'il ne viendra plus nous importuner !
Stupéfait du rapport étrange de cette nouvelle avec mon rêve, je demandai immédiatement de ses nouvelles.
_Il est rentré chez lui... commença Zeus, visiblement intrigué par l'intérêt que je témoignait tout d'à coup pour un docteur rondouillard à la loquacité discutable. Bref, il ne faudra plus vous inquiéter de ce personnage désormais !
_Que voulez-vous dire par là ?
Je tentais de toute mon énergie de camoufler mon angoisse. Ne laissant rien transparaître, je m'efforçais de garder de l'assurance.
_Et bien il n'arrêtait pas de dire que nous avions tué votre ancienne personnalité, que nous n'avions pas le droit de faire ce que nous avons fait, et cetera, et cetera !
Il accompagnait ses « et cetera! » de grands gestes des deux bras qui, une fois déployés, prenait pratiquement toute la largeur du couloir.
_Après tout, reprit-il, vous étiez d'accord pour faire cette opération et devenir l'être le plus beau et le plus réussi de l'Histoire de ce monde !
_C'est exact...dis-je, sans toutefois terminer ma phrase.
_Bien ! Et bien voilà qui est dit ! Cet énergumène ne viendra plus ternir la plus belle de toute mes œuvre !
Puis il parti, fier de son action, exécutant durant son départ quelques gestes pré calculés.
Etait-ce donc ceci qu'il avait essayé de me dire l'autre jour ? Qu'avoir donné mon corps avait été pour moi un suicide réussi ?
Je secouai la tête et soupirai.
_Tout ça pour ça...

Le reste de ma journée, je la passai exactement comme en début de journée, c'est à dire en errant dans l'ensemble du domaine.
Je ne trouvais réel repos que lorsque je me promenais dans le dédale de buisson, où Melinda m'avait attiré lors de cette très bonne soirée...
Lorsque je repris conscience de la réalité, il était presque l'heure du dîner. Le temps pour moi de rejoindre la salle à manger.
Les filles se pressaient devant moi pour pouvoir chacune entrer la première. Je m'efforçai de rester muet devant ce spectacle navrant.
Le repas se déroula exactement comme la veille, mais toutefois sans cette sensation nauséeuse que j'avais alors éprouvé. Bien que l'ambiance n'eusse été au beau fixe, il n'y avait pas cette fois l'atmosphère si particulière de la fois dernière. J'en étais soulagé. Une fois le repas terminé, à nouveau dans ma chambre, je me rendis compte que cette journée –excepté ce fichu rêve- avait été plutôt calme et paisible. Elle avait été en fait comme celles que je paissais avant de devenir Adam Bis. Si je m'en plaignais à l'époque, ce genre de journée, je devais l'avouer, me manquait.
Afin de changer de sujet de réflexion, j'imaginai plutôt comment occuper ma journée. Zeus avait prévu une séance de photo assez imposante, en préparation de la soirée. Il voulait que je figure en première page de chacun des magazines du monde, à ses côtés. Je n'avais montré aucun signe de désaccord, tant mon empressement était grand. J'aurais pu accepter n'importe quoi pourvu que cela ait pu me faire passer le temps.
La séance dura une bonne partie de la journée. On me photographiait dans toutes les positions possibles, tantôt habillé, tantôt nu comme un vers. Une partie de la séance se déroulait en intérieur, en début de journée. L'autre partie, plus intéressante selon moi, avait lieu au dehors. Là, d'autres personnes que l'équipe s'arrêtaient pour pouvoir m'admirer.
De temps à autre, nous prenions des pauses bien méritées. Le travail fut si prenant que je regardai pour la première fois l'heure à dix-sept heures cinq.
Durant certaines poses plus osées, le visage des passantes tombant sur la séance rougissait comme les nuages d'une heure avancée.
Je fus soulagé lorsque Zeus arrêta la séance pour que je puisse me reposer. Alors que j'entrais dans Lambrilique, demeure de Zeus, j'entendis un des photographes dire  son assistante que j'allais me préparer pour la fête.
_Se préparer ? agressa Zeus. Adam Bis n'a pas besoin de se préparer ! Il est déjà la perfection ! Je vais vous dire, monsieur...
Avec un sourire, je m'éloignai du lieu de la conversation sans me retourner.

Le soir, la majorité des convives s'était rassemblée dans le jardin, près du banquet. Lorsque je sorti de la demeure, tous les regards convergèrent sur moi, enfin, sur mon corps.
Les lumières de multiples couleurs illuminaient le ciel. Certaines des plus belles créations étaient exposées.
Un monde très select s'affairait sur les différentes créations, mais plus particulièrement autour de moi.
Au beau milieu de la foule, j'essayai de repérer mes frères. Ces derniers restaient à l'écart, avec leur manager.
Je tenais à les approcher, ne serait ce que pour les voir de plus près, mais aussi pour entendre ce qu'ils pensaient. En général, les gens ne se gênaient pas pour exprimer leur admiration, mais aussi leurs avis plus réservés devant moi.
Etait-il si inconcevable qu'une telle œuvre d'art comme moi fusse douée de parole et de compréhension ?
J'attendis quelques dizaines de minutes avant de pouvoir me déplacer comme je le voulais. Près de mes frères, j'attendais d'eux qu'ils fassent une remarque sur moi, ou la soirée. Feintant de ne pas m'intéresser à eux, je passai à, côté sans pour autant leur adresser un regard. J'étais sûr que cela suffirait à les faire sortir de leur silence.
Je n'eu pas l'effet escompté, car ils ne semblaient pas particulièrement ni jaloux ni méprisant. Derrière les jumeaux, un homme que j'avais déjà vu les apostropha avec vigueur.
_Allons, mais qu'est-ce que vous faites ? Ne me dites pas que vous êtes impressionnés devant cette chose !
_Nous savons bien, Bob mais...
Bob ? Il s'agissait de leur manager ? Depuis la dernière fois, ses traits avaient changé. J'avais l'impression que son âge, devant tant d'arrogance, l'avait lui-même fuit.
_Tout de même, c'est un comble que ces crétins restent bouche bée devant une créature qui se pavane nu devant la foule ! Vous valez bien mieux que lui ! Vous êtes les frères Firelli, ceux sans qui rien ne peut être beau, rien ne peut être talentueux ! Vous êtes le talent réincarné ! Ce mot n'est qu'euphémisme pour vous !
Mes frères, bien que le regard triste, approuvèrent leur manager. Ce dernier les emmena loi de moi, m'adressant un dernier regard glacial et noir.
Pour ma part, je restai là, sans bouger, consterné par ce que je venais d'entendre. C'était mot pour mot ce qu'avait dit Zeus à mon sujet, il y avait de cela un peu plus de deux jours.
Je titubai, légèrement décontenancé, et entrai en collision avec une vieille femme qui tomba au sol.
_Exc... commençai-je, avant de m'interrompre.
Afin de ne pas être trop humain devant la gent témointe, je me contentai de la regarder, le regard le plus vide possible.
_Cette créature m'est rentrée dedans ! Elle m'est entrée dedans ! répéta-t-elle, alors que des invités la remettaient sur pied.
Elle me regarda, surprise.
_Bah, après tout, ce n'est qu'une statue qui bouge !
Puis elle s'en alla, aidée des philanthropes qui l'accompagnaient.
Mes ressentiments vis à vis d'elle cessèrent lorsque qu'une personne monta sur scène et demanda à l'assemblée de bien vouloir faire silence.
Si ma mémoire était bonne, il s'agissait d'un des journalistes les plus influents du monde qui allait remettre le prix à Zeus.
Ce dernier feinta la surprise, puis commenta sa victoire ultime sur le monde artistique. Comme le voulait le protocole, je montai moi-même sur scène, afin d'illustrer le talent de Zeus.
Des applaudissements, des acclamations et même des hurlements hystériques se firent entendre. Aucun d'eux ne m'atteignirent, étrangement. Depuis le temps, je m'étais rendu compte que les gens ne voyaient en moi que mon créateur.
Une fois les festivités terminées, je m'enfermai dans la chambre, avec pour seule compagnie une bouteille d'armagnac, histoire de bien terminer la soirée.
Celle-ci à moitié vide, je repensai à ce qu'avait dit Bob à mes frères, à ce que Ficher m'avait dit...
Plus j'y repensais, et plus il me semblait que quelque chose n'allait pas. Comment se faisait-il que Bob ait pu dire mot pour mot les mêmes choses que Zeus ? Pourquoi Zeus avait-il foudroyé du regard le docteur Ficher après qu'il m'ait dit que j'étais doué pour le suicide ? Pourquoi Ficher avait-il été viré ? Même s'il était en désaccord avec Zeus, son penchant pour le pari, et ses dettes ne lui permettaient pas de s'opposer à son seul employeur !
Zeus avait tout de même bien choisi le docteur Ficher... Endetté, il était sûr d'avoir la main mise sur lui... Tout comme sur moi.
Les paroles de Ficher prirent un tout autre sens alors que ma réflexion avançait.
Mieux valait pour moi que je vois cela à tête reposée, plutôt que de commencer à penser que j'avais vendu mon âme au diable.

Le lendemain, dès le petit déjeuner, je finis la bouteille d'eau vive, sans raison particulière, si ce n'est d'avoir passé la nuit à se dégoûter.
Oui, j'avais vendu mon corps et mon âme, pour avoir en échange que la satisfaction de faire du mal à ma famille.
Je n'avais pas reconnu en mes frères les égocentriques qui m'avaient persécutés. De tout temps, ce Bob les avait poussé sur le chemin de la gloire, les éloignant de celui de l'humanité. Le ventre dérangé, je titubais dans le dédale de couloir à la recherche de Zeus.
Je le trouvai dans une pièce aux tons rouges son costume blanc légèrement camouflé par la fumée des cigarettes. Il semblait en pleine réflexion. J'entrai sans frapper et fermai la porte derrière moi.
_Pourquoi avez-vous viré le docteur ?
Il leva les yeux, étonné de me voir. Un instant plus tard, il fronça les sourcils, puis posa sur le cendrier à côté de lui ses deux cigarettes. Il se leva, doucement, en me dévisageant.
_Vous n'avez tout de même pas encore bu !
_Attendez... Comment vous avez fait pour être présent lors de ma tentative de suicide ?
Je reculai d'un pas, l'esprit tergiversant dans d'innombrables hypothèses.
_Allons, vous dites n'importe quoi, mon cher ! L'alcool vous joue des tours ! Venez donc avec moi...
Il s'approcha de moi, me saisi l'épaule, comme pour m'emmener dans une autre pièce. Je le repoussai violemment, de sorte qu'il cogne légèrement la table basse sur laquelle le cendrier était posé.
La phrase de Ficher me revînt en mémoire. Zeus avait déployé plus d'efforts que je ne pourrais jamais l'imaginer. Cela ne pouvais pas être une coïncidence.
_Vous avez...Jusqu'où êtes vous allé pour me trouver ? Parlez moi plutôt de ce Bob ? Vous avez manipulé mes frères ?
Il écarquillait les yeux au fur et à mesure que je déployais mes questions. Sachant ce qu'il lui arriverait s'il tentait encore une fois le contact physique, il resta immobile. Je lisais en son regard une inquiétude. Avais-je percé son secret à jour ?
_De tout temps, j'ai fait ce qu'il était nécessaire pour exercer mon art ! Je n'ai que faire de vos insultes ! Je vous rappelle que vous avez signé un contrat, et j'entends que vous l'honoriez !
Je prenais cela pour un oui. Bien que j'en fusse le premier estomaqué, la vérité venait d'éclater.
_Vous n'êtes qu'un démon ! m'emportai-je
_Il suffit ! Si c'est comme cela que vous appelez un être dont l'œuvre est plus réussie que toutes celles de la nature, alors, oui, j'en suis ! Mais dans le cas contraire, je vous prie de vous calmer, et de retourner cuver où bon vous semble !
_Tout ceci n'est que perversion... dis-je en secouant la tête. Perversion !!!
De colère, je me jetai sur Zeus, l'empoignai, puis l'envoyai au fond de la pièce.
Le pauvre bougre eut du mal à se relever. Je restais à le regarder lutter pour survivre dans un monde qui n'était pas le sien.
Il me regarda, effaré, les cheveux ébouriffés. Jamais il n'avait été si démoniaque. Il couru vers la sortie. Sans succès. Cette fois, je le cognai de toutes mes forces. Il alla s'écraser sur la table basse qui se brisa en mille morceaux.
Ce ne fut qu'à ce moment précis que j'eus la confirmation qu'il était démoniaque. Alors que du sang coulait sur le sol, une flamme jaillit de dessous son corps. Puis une autre, près de ses côtes.
Sans que je puisse en voir l'origine, l'incendie qui se déclarait commençait à consumer le corps inerte de Zeus.
_C'est... C'était un vrai ? murmurai-je.
Qui était donc Zeus Peter Lamar ? Quelle était cette demeure ? Toutes ces filles qui se pavanent, cette matricia, ce Zoltan...
Il devenait évident que j'étais dans un lieu de corruption. Je devais me sauver de là au plus vite.
Je couru à ma chambre, et pris le manteau des jours froids, le seul que je pouvais mettre.
Alors que les filles dans la piscine monopolisaient l'attention des majors d'hommes, je me glissai dans la cuisine à la recherche de produits inflammables. Doucement, je fermai toutes les portes et les fenêtres, puis j'allumai le gaz de la cuisinière.
Je remontai les mains pleines de produits nettoyants dans la chambre où le corps de Zeus, presque totalement consumé, gisait au beau milieu d'une pièce qui s'embrasait. Il ne me restait plus qu'à lâcher ce que je tenais dans les mains au beau milieu des flammes. Une fois ceci fait, je fermai vite la porte, puis me précipitai vers la sortie de la demeure.
M'échapper fut une chose plus facile que je ne le pensais, surtout lorsque certaines petites explosions se firent entendre au premier étage. Les personnes qui étaient dans le jardin se précipitèrent à l'intérieur pour voir ce qu'il se passait.
De la fumée noire s'échappait d'une fenêtre dont les vitres s'étaient brisées sous l'intensité de la chaleur tandis que quelques explosions couvraient les cris féminins stridents des jeunes filles découvrant l'ampleur du désastre.
Je m'éloignai de Lambrilique tout en réfléchissant à la prochaine étape de mon périple. Je n'avais pas un sou sur moi, je n'avais pas de véhicule, et la seule chose qui me couvrait était un manteau, certes chaud, mais pas imperméable.
Heureusement pour moi, le temps était tout à fait clément aujourd'hui, et le soleil au beau fixe indiquait par sa position qu'il devait être aux alentours de midi.
Mon ventre grogna. Seul sur une route entourée de vignes, je ne croisai comme autre personne qu'un vieil homme sur son vélo avec un chapeau noir. Saisissant l'occasion, je bousculai ce dernier dans les vignes, puis fit de tel sorte qu'il perdit conscience.
Une fois en selle sur mon nouveau vélo, un peu mieux vêtu, avec de quoi camoufler mon visage et surtout de quoi me payer un repas, je me rendis avec vélocité dans le village le plus proche.
Là-bas, j'achetai un sandwich et le dévorai d'une main, en tenant le guidon de l'autre. Je stoppai ma course devant un magasin de télé, dont la chaîne privée de son diffusait des images de Lombrilique en feu, avec une partie de l'aile totalement arrachée.
Je ne pus m'empêcher de ricaner en me rendant compte qu'ils n'avaient dans toute cette agitation même pas pensé au gaz de la cuisine.
Enivré de ma nouvelle liberté, je jouissais toute la journée durant de ma capacité extraordinaire de mouvement au sein même du village. De long en large, de large en long, je le parcourai à vélo, à pied, lentement, vite, mais avec un plaisir certain.
A la tombée de la nuit, j'éprouvai une chose à laquelle je n'avais pas pensé : la sensation de froid.
Cherchant sans succès un hôtel, je trouvai mon salut dans un bar, dans lequel j'échouai.
Camouflé, je commandai au barman une boisson forte. Assis à côté de moi, un homme barbu légèrement ivre m'apostropha.
_Dure journée, l'ami ? me dit-il en me tapant amicalement l'épaule.
_On peut dire ça, oui. Répondis-je sans trop le regarder.
_On en a tous eu au moins une ! Racontez-moi la vôtre !
Loin de cautionner cette philosophie de bar, je me laissai pourtant à raconter toute mon histoire. Comment j'avais failli me suicider et qu'un démon m'avait recueilli au même moment. Comment j'avais vendu mon âme au diable, et comment mes frères étaient encore sous l'emprise d'un démon.
Le barbu ne semblait pas vraiment surpris de mon histoire. Comme si sa boisson avait remplacé peu à peu ses neurones, il tenta de trouver un lien à ce que je lui avais raconté.
_Tu dis que t'as connu le démon juste avant d'sauter ?
J'acquiesçai.
_Et ben si t'veux mon avis, j'serais toi, j'regarderais dans mon propre cercueil si j'y suis pas !
Il éclata de rire, puis sorti du bar, bousculant au passage quelques tabourets.
Bien que l'alcool m'eusse également monté à la tête, ce qu'avait dit cet homme était d'une clairvoyance redoutable. Comment ne l'avais-je pas vu avant ?
Je me remémorai ma rencontre avec Zeus, l'enterrement, puis tous les évènements de ces derniers jours.
Comment m'avait-il trouvé le jour où j'allais sauter de la falaise ? S'il n'avait pas été là, je serais sûrement parmi les rochers...

La porte du bar s'ouvrit puis avec fracas tandis que j'enfourchai mon vélo. La pluie s'abattait désormais sur la route. Qu'importe, je devais en avoir le cœur net. Etais-je oui ou non dans ce cercueil ?
Je pédalai jusqu'à l'épuisement et trouvai un pont en guise de refuge pour la nuit. Presque idiotement, je serrai le vélo contre moi comme pour me réchauffer. La nuit fut pénible, bien que je fusse moi-même extenué.
Au matin, les bruits des voitures passant à proximité me réveillèrent en sursaut. Couvert de terre, mon manteau avait beaucoup perdu de sa superbe. Il n'était pas le seul. Je sentais mon corps différent. C'était une sensation étrange. J'avais l'impression d'être celui que j'étais avant.
Mon corps rejetait-il les changements qu'avait pratiqué Zeus, ou n'était-il tout simplement pas adapté à ce que je lui faisais endurer ?
Je repris mon vélo pour arriver jusqu'au cimetière. J'y arrivai, après quelques heures à pédaler sauvagement. Enfin, j'allais savoir.
La pluie s'était calmée lorsque la roue de mon vélo creva, à quelques dizaines de mètres du cimetière. Le pas pressé, j'atteignis la rangée où j'étais sensé être enterré.
Au détour d'un mausolée, trois personnes devant une tombe, dont une visiblement très turbulente.
Quelle ne fut pas ma surprise de voire mes frères, tous deux devant ma tombe. Accompagnés de Bob qui faisaient les cents pas, ils semblaient, au fur et à mesure que j'approchais, me regretter.
Bob me reconnu très vite, au premier regard. Il s'approcha de moi rapidement, me maudissant d'avoir tué les célébrités qu'étaient les frères Firelli. Evidemment, croyant avoir à faire à une sorte de statue motorisée, il ne se méfia que lorsque je l'empoignai avec force. Sa tête heurta ma propre tombe, l'aspergeant de sang.
Mes frères, pour leurs parts, coururent aussi vite qu'ils purent lorsqu'ils virent la scène. Je considérais que c'était normal. S'ils avaient su que c'était leur petit frère qui les protégeait, ils n'auraient pas fuit.





23/11/2007
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