Call Of Nemesis : L'ombre De La Bête (Partie1/2)

Call Of Nemesis :

L'Ombre De La Bête



Copyright 2007 Thomas Carnicer




Chapitre 1 : Sortie de route



 

 

 

 

 

 

_Arrête le gyro, Guigui, on y est. Tu peux te garer là.

_Oh Putain, y a eu de la casse !

Guillaume coupa le contact, mais aucun de nous bougea. On restait dans la voiture, comme deux cons. On avait carrément pas envie de sortir de la bagnole pour aller voir l'carnage.

Un mec s'amena vers la portière conducteur.

_Salut, les gars. Désolé qu'on ait du vous appeler, mais on avait besoin de renfort.

Guigui tourna la tête vers moi, l'air dégoûté.

_Salut, Pierre. Bon ben on y va…  Prends l'appareil photo, Didier.

En un mouvement, je pris l'appareil et sorti de la voiture. J'avais le cœur qui battait la chamade. Fallait vraiment que j'sois appelé ce soir pour un crash de bagnole.

« Bordel. » 

Le collègue qui était venu nous chercher se retourna en marchant.

_Ils étaient trois. Les parents et leur fils. Ils ont du être percutés de plein fouet par un camion, parce que l'avant du véhicule est arraché. C'est le couple de personnes âgées là-bas qui les a trouvés. On a seulement eu le temps de passer l'appel radio et de sécuriser les lieux.

En parlant, on s'approchait. On pouvait voir dans le champ à côté de la départementale la carcasse en deux parties, avec des pompiers et une scie circulaire sur l'une des deux.

_Vous découpez ? Y'a un survivant ? demanda Guigui.

_Oui, le gosse est encore en vie. On essaie de le sortir de là depuis quelques minutes. Il a des morceaux du toit coincés dans la poitrine.

Je soufflai. Vu que j'me coltinais l'appareil photo, c'était à moi de m'approcher. De loin, je vis les corps éclatés des parents, à l'avant.

_La vache… souffla Guigui.

Au moins, j'étais pas le seul à pas supporter.

« Et encore heureux que les pompiers s'en occupent. »

_J'sais pas si j'aurais supporté de découvrir ça.

Guigui fit signe de la tête qu'il était d'accord avec moi. C'était à lui de faire les croquis pour le dossier. Il poussa un soupir. Je jetai un regard vite fait sur la route. Des traces de pneus. Le véhicule avait sûrement freiné d'un coup.

Un truc m'étonna. Les traces de pneus allaient pas jusqu'au champ. Elles s'arrêtaient trois, quatre mètres avant. A deux endroits, juste devant où elles finissaient, le béton était éclaté.

J'savais pas c'qui pouvait faire ça, mais j'pensai à un camion grue. C'était assez balèze pour ouvrir comme ça une bagnole et ses pieds étaient lourds au point d'endommager le bitume.

_Pierre, va voir les vieux, prend leur témoignage. Dis à Justine de s'occuper de la circulation.

_Oui mon adjudant.

Deux pompiers étaient assis loin de la carcasse, l'un des deux la tête entre les genoux, son gerbis encore frais pratiquement sur ses godasses.

_Pourquoi est-ce qu'on a pas prévenu la dépanneuse ?

_Ben parce que c'est aux flics de le faire ! Sinon, ils peuvent pas faire leurs photos !

Pauv' gamins. Ils devaient avoir quelque chose comme dix-huit ans et ils se tapaient déjà des trucs comme ça. Fallait en avoir, du courage.

A peine j'avais l'appareil dans les mains qu'ils avaient sorti le gosse de l'arrière. Je le vis sur le brancard, la tête couverte de sang. Il gémissait. Ses yeux bleus se posèrent sur moi.

« Ce regard… »

Un peu sonné, je pris les photos. Je regardais la scène que par l'écran du numérique.

Pas question de voir ça de mes propres yeux.

Voilà. J'avais plus qu'à prendre les parents.

_Métier de con...

En remontant sur la route, je pris aussi l'endroit où le béton avait pété.

Quand la dépanneuse arriva, les pompiers étaient partis.

Tout c'qu'il restait d'eux, c'était le vomi du gamin. L'ambulance s'amena un peu plus tard, juste le temps que le chauffeur de la dépanneuse gueule qu'il avait autre chose à foutre.

Sur le capot de la voiture, Guigui s'avançait pour le dossier. On en avait déjà une cinquantaine comme celui-là à faire.

_T'as fini, monsieur l'adjudant ?

Il parlait au gars qui s'appelait Pierre. Je savais pas bien d'où il le connaissait, mais Guillaume avait toujours le contact facile.

_Ben écoute, j'ai fais les croquis, Pierre s'est occupé de prendre tous les noms, y compris des secours…

Il me passa une carte d'identité. C'était celle du gosse. Nataniel Vidal. Dix-neuf ans. Français.

_… Je crois qu'on a tout fait, reprit Guigui. Par contre, on la garde, la bagnole. Elle partira pas tout de suite à la casse.

Il regarda les marques sur la route. Clair qu'elle était pas sortie toute seule.

_Peut être que c'est un camion grue qui l'a chopée, leur dis-je.

_Je ne crois pas, non, répondit Pierre. Regarde bien. Le véhicule allait tout droit d'après les empreintes de pneu. Ou alors la grue serait arrivée en coupant la route, par le champ d'en face.

Clair que c'était pas possible. Mais ils avaient coupé la voiture en deux comment ?

Guillaume supposa que les traces de pneu qu'on voyait sur la route n'étaient pas celles de la voiture, mais d'un autre véhicule qui aurait assisté à la scène.

Pierre et moi on était d'accord avec cette possibilité, surtout qu'on voyait pas vraiment ce qui aurait pu se passer d'autre. Les ambulanciers remontèrent les corps dans leur camion. L'un d'eux nous apporta les cartes d'identité des parents. Ca allait pas servir à grand chose, vu qu'on avait celle du gamin, mais si ça leur f'sait plaisir… Guillaume prit les deux cartes dans les mains. Il me regarda, les yeux gros comme des soucoupes, me prit des mains la carte et mis les trois sur le capot.

_Bah merde alors !

Aucune des trois cartes ne portait le même nom de famille. Non seulement ça, mais les « parents » étaient pas français. L'homme était armenien et la femme, coréenne.

On se r'gardait tous, sans capter. Guillaume décida d'aller visiter la maison des Vidal.

Il ordonna à Pierre et à sa p'tite gendarmette de réguler la circulation jusqu'à ce que la dépaneuse et l'ambulance soient partis.

_Aller, faut se dépêcher là.

 

 

 

La sirène hurla tout le trajet. Ils habitaient un bled à bourges en pleine colline  –évidemment de l'autre côté de l'Isle sur Sorgue- sûrement dans une maison isolée avec pour seul voisinage d'la verdure, trois platanes et un c'risier.

Lorsqu'on arriva au domicile, le portail était défoncé de l'intérieur. Une partie traînait carémment au milieu d'la route, à peine éclairée par quelques lampadaires. Sans attendre que Guigui me   l'demande, je pris la radio et appelai du renfort. C'était bien c'que j'croyais : une baraque sans voisinage entourée de végétation. Le genre à peine flippant. La vue était cachée par les arbres de devant la maison, mais on voyait clairement des lumières bouger à l'intérieur.

_On va jeter un coup d'œil maintenant, décida Guigui. Il est peut être arrivé un truc aux vrais parents.

On s'dirigea tous les deux rapidement vers la porte d'entrée, elle aussi défoncée. Mieux valait qu'on y aille à deux, parce que j'me voyais pas entrer là dedans tout seul. Du jardin, j'avais pas vu grand chose, à part le tronc du fameux platane. La porte était tellement explosée qu'un coup de bélier aurait pas fait mieux.

Dedans, c'était Beyrouth. Les meubles avaient été fracassés, la table du salon était en lambeau.

Il y avait des bouts de bois partout, jusqu'au plafond où y'en avait qui étaient plantés.

Il y en avait surtout dans des cartons. La famille avait du enménager depuis peu.

Guillaume me montra c'qui restait de la lampe du salon. Elle se balançait encore.

Nous sortîmes nos armes de nos étuis.

« Putain. Quelle soirée de con. Une maison à trois niveaux en plus. »

J'étais même pas sûr d'entendre si quelqu'un arrivait ou pas dans mon dos tellement mon cœur faisait de bruit. Le salon à demi éclairé donnait sur une cuisine ouverte, pratiquement plongée dans le noir. J'entendis quelqu'un marcher dans une flaque. C'était moi. Je soulevai le pied, et l'éclairai de ma lampe-torche.

« De l'eau !? »

Il y en avait partout dans la cuisine. A certains endroits, on pouvait voir des morceaux de glace   –stalactites ou stalagmites, c'que j'en savais moi- qui pendaient le long des placards.

Il s'était passé quoi ici ?

_Gendarmerie nationale ! S'il y a quelqu'un, je vous demande de bien vouloir vous montrer ! hurla Guillaume.

Je soufflai. C'était con de hurler comme ça, mais y'avait pas le choix. On n'pouvait pas s'permettre d'entrer comme ça chez n'importe qui.

Aucun bruit dans la maison. Aucun bruit, mis à part le boucan de nos deux respirations. Aucun…

Si ! Un bruit de meuble déplacé au premier !

_Didier ! En haut !

On entendit un grognement, puis quelque chose courrir. Je grimpai quatre à quatre les marches, tout en couvrant mon adjudant. Une fenêtre explosa.

Le temps qu'on arrive dans la pièce noire, on entendait « galoper » dans le jardin.

Guillaume reprit son souffle et alerta par radio qu'un suspect était en fuite alors que je cherchai l'interrupteur. J'ai vite regretté de l'avoir trouvé.

_Oooh putain ! cria guillaume.

C'était la chambre à coucher des parents. Le lit était éventré. Eux aussi.

Ils avaient les yeux grands ouverts, droit vers le plafond, avec une expression de douleur ancrée sur leurs visages. Un seul des murs était couvert de sang, comme si on les avait éventrés tous les deux d'un seul coup. Le drap déchiqueté montrait partiellement les corps. Mais on en avait assez vu. On quitta la pièce, l'estomac noué. Le temps de reprendre nos esprits, et on était de nouveau à la r'cherche de suspects. Pour le moment, fallait être concentré sur c'qu'on faisait.

De pièces en pièces, y'avait que des traces de lutte.

« Putain ! Qu'est-ce que… »

Nos lampes-torche s'arrêtèrent sur un mur de couloir. Le papier peint beige –à chier- pendait de partout. On trouvait des coups de griffe énormes, à quatre entailles, chacune séparée d'une dizaine de centimètres de l'autre. Certaines d'entre elles partaient du plafond pour aller mourir au sol. D'autres étaient si courtes qu'elles ressemblaient en comparaison à des érafflures.

Avec Guillaume, on s'regarda, paniqués. Les marques menaient à une pièce au bout du couloir.

Une odeur d'ordures venait de derrière la porte. Guillaume l'éclaira et vit une flaque de sang qui venait de l'intérieur.

Nos deux respirations faisaient un de ces bastringues que ça en dev'nait presque dangeureux pour nous.

Je tournai la poignée et lui fis signe. Il déboula dans la pièce, avant d'en sortir en gerbant.

Je compris pourquoi quand je vis ce qu'il avait vu. La chambre était pleine de sang, des pieds du lit jusqu'au plafond. Des relents de pourriture en sortaient. Mais aucun corps.

On entendit une sirène de chez nous. Pas trop tôt. Le temps de descendre les rejoindre en titubant, ils avaient fait le tour du proprio et l'avaient sécurisé.

« Rapide, ces jeunes. »

_Mon adjudant... Il le salua. Alors, il y a quoi dans la maison ?

_T'as pas envie de savoir…

Je haussai les épaules en r'gardant le gars. Fallait pas qu'il se vexe, mais après une soirée de chiottes comme ça, c'était normal qu'on soit pas franch'ment d'humeur à taper la discute.

Une autre voiture arriva. C'était Pierre et… L'autre.

Ils nous demandèrent exactement la même chose que les jeunes d'avant. Cette fois-ci, notre adjudant fit l'effort de répondre.

Une fois son briefing terminé, les jeunots n'en menaient plus large.

_J'ai appelé le central, dit Pierre. Ils font la recherche pour savoir si nos deux étrangers étaient fichés. Les gars ont trouvé dans le coffre le sac à dos du jeune homme.

J'ai un peu fouillé, comme ça…

_T'as pris des gants ? interrompu un des jeunes.

_Non, je tripote toujours tout avec des mains dégueulasses. Comme ça, j'efface le peu de preuves qu'on peut avoir… Donc pour en revenir au sac, son agenda n'a qu'un seul numéro de téléphone, au nom de Thomas… Garnier. Non, Carnicer.

_Bon, vous restez là et vous attendez « les experts ». On a plus grand chose à faire là. On va continuer les recherches à la gendarmerie.

P'taint, ça f'sait du bien. Une unité spécialisée allait prendre le relais. On était tranquille.

C'était l'avantage d'avoir un adjudant. Quand l'commandant était pas là, j'étais quasiment sûr d'être pénard. Là, on échapait à une enquête sur les lieux d'un homicide… On en aurait eu pour le samedi entier. Je soufflai en penchant la tête vers le sol. Les dalles étaient éclatées à deux endroits, exactement comme l'était le béton de la D31.

Je montrai aux collègues c'que j'avais vu. Guillaume me r'garda bizarrement. Il voulait peut être pas que je parle du machin qui avait galopé devant les autres. Toute façon, ça avait l'air d'une mise en scène tout ça. Mais j'comprenais qu'c'était pas utile de les faire baliser davantage.

 

 

 

_Alors t'en penses quoi de cette merde ? demanda guillaume alors qu'on était dans la voiture, en route pour la gendarmerie.

On avait rempli tout ce qu'il fallait en signalant la fuite du suspect, la découverte des deux cadavres…

Par contre, on avait pas attendu l'autre unité. Le commandant tenait tellement à avoir des pros du crime que ceux qu'il y avait placé s'sentaient vraiment plus pisser.

« Qu'ils se démerdent avec la baraque. »

_J'en pense que le couple de clandestin a tué les parents, chopé le gosse. Ils ont maquillé la maison, et se sont barrés. Mais en chemin, ils ont eu un problème et la voiture a foutu le camp.

Guillaume éclata de rire. Apparemment, c'était pas ce qu'il attendait.

_J'suis pas sûr que ça tient debout ce que tu me dis. Où ils ont trouvé le temps d'éclater la maison ? Comment ça se fait que personne ne les aient entendus ? Comment t'expliques tout le sang, et les coups de griffe ? Avec le machin qui a éclaté la fenêtre et le béton ?

Je lui répondis que vu que la maison était sur la coline de Saint Antoine, elle était assez isolée, que donc ils avaient pu prendre leur temps pour tout maquiller, j'savais pas pourquoi.

Et de toute façon, le truc qui avait sauté par la fenêtre n'avait pas pu être en même temps sur la D31 pour choper la bagnole et à la maison des Vidal pour tuer les parents.

_A moins qu'ils étaient plusieurs. Peut être qu'ils appartiennent… J'sais pas, à une secte ou à un truc de terroristes… J'connais des gars, à seulement dix ils te mettent la misère à une maison comme ça !

« Le coup de la glace plein la cuisine, c'était quand même fort… »

_Et ils te foutent des coup de griffe plein la maison aussi ? En plus… J'crois en avoir déjà vu…

Il quittait pas la route des yeux. J'savais bien qu'il était inquiet. Il était p'tet pas super courageux –et encore, déjà plus que moi- mais quitter une scène de crime si vite, ça, il l'avait encore jamais fait. Adjudant, il l'était parce qu'il savait s'faire respecter, mais surtout parce qu'il savait réfléchir. S'il avait pas changé déjà deux fois de caserne, il aurait déjà eu son grade d'adjudant-chef. Et là, que lui parte en délire comme ça, j'devais avouer qu'ça foutait vraiment les boules. Mais ça comptait pas d'avoir peur. Pas avec ce métier, pas avec cette promesse que j'devais tenir.

_Où t'as pu voir ça ?


Chapitre 2 : La piste

 

 

 

 

 

 

_Là ! Je savais bien que je l'avais vu quelque part ! dit-il, une fois de retour.

Il jeta depuis son bureau un journal qui atterri sur le mien et manqua de peu la tasse de café.

Sur la première page de couv', une photo dans un encart avec les mêmes griffures au mur.

Je tournai rapidement les pages.

L'évènement avait eu lieu à Marseille, il y avait eu un mort, complètement déchiqueté.

La gendarmerie n'avait pas voulu fournir de commentaire. Donc on était pas plus avancés.

« A moins que… »

_Oh, Guigui ! J'connais un gars qui bosse à Marseille ! J'vais les appeler, voir si on peut pas avoir le dossier !

Il semblait d'accord avec l'idée, même si je voyais bien qu'il encaissait encore moins que moi la soirée. Il fit semblant d'être en forme, et dit qu'il allait voir pour les deux étrangers.

« Ils pourraient quand même changer de musique de temps en temps. »

Durant quinze bonnes minutes, j'me farcis du Mozart –ou Vivaldi- en boucle au téléphone. Quinze longues minutes durant lesquelles je fis un p'tit sudoku.

J'allais placer le neuf lorsqu'une voix me dérangea.

_Oui bonjour, Didier Malenfant, de la gendarmerie de l'Isle sur la sorgue. Pourais-je parler à l'adjudant-chef Samir Galiba ?

La voix me répondit qu'il était de jour cette semaine.

« Evidemment. C'est jamais simple, faut toujours faire dans le compliqué. »

_On a un double, voire quadruple homicide sur les bras, et ça ressemble à cette affaire de la semaine dernière... On aurait besoin du dossier... Oui, je sais bien que vous avez rien bouclé, mais c'est pour avoir des éléments, parce que… Oui, je patiente.

Et encore cette foutue musique!

Je me rendis compte que j'avais deux quatre sur la même ligne dans ma grille, lorsque la voix reprit le téléphone. Elle m'explica comment suivre les procédures afin d'obtenir des informations sur une affaire en cours.

_…Merci, oui, j'les connais les procédures… Mais parce qu'on a un suspect en fuite !

Je portai la main à mon visage et me frottai les yeux. Guillaume arriva et me prit le combiné.

_Je suis l'adjudant Guillaume Tourin… Oui… Et vous, vous êtes ?

Il passa dix bonnes minutes avec la connasse à l'aut' bout du fil, pour finalement raccrocher.

Il se tourna vers moi, et me demanda de surveiller le fax et de vérifier les casiers des Vidal tandis qu'il allait reprendre ses recherches sur les faux parents.

En quelques clics, j'avais fait ma part. Rien au casier, une contravention de stationnement interdit pour le père.

« Mais alors, qu'est-ce que cette famille vient foutre là dedans ? »

Le fax bipa. Une feuille, puis deux, trois et ainsi d'suite, s'entassèrent. Le tout en main, je le feuilletai rapidement. On y trouvai principalement des photos du lieu du crime, et quelques notes.

C'était exactement les mêmes marques, si c'n'était qu'elles avaient été bien plus importantes là-bas.

Si chez les Vidal, la porte avait été défoncée, ici le mur qui avait complètement sauté.

Je tendis les photos à mon adjudant. Les collègues de Marseille n'avaient encore rien conclu, mais les notes indiquaient une piste qui menait jusqu'en Chine…

_En chine !? Mais c'est quoi ce foutoir à la fin !? Il s'affala dans son fauteuil et se frotta les yeux. Alors maintenant, notre accident de voiture est lié à un double homicide, lui-même lié à un simple homicide, lui-même lié à une écatombe en pleine frontière chinoise ! Bon, je dis à Pierre de rien toucher, on attendra le commandant… Pour ce qui est des deux clandestins, ils sont tous les deux portés disparus dans chacun de leurs pays. Mais aucun n'est fiché…

Il soupira. On était tous les deux crevés. Je regardai ma montre. Sept heures moins le quart. Depuis hier, vingt-trois heures, on était là à se casser l'cul.

_Va dormir un coup, ordonna Guigui. Tout à l'heure, tu iras voir le pote de Vidal fils. Il nous renseignera peut être un peu plus sur Nataniel et sa famille.

J'obéis, à bout de force, et j'allai m'allonger dans un coin pénard.

 

 

 

 

_Debout là dedans ! C'est l'heure !

_Qu'est-ce que… Vache, t'abuses, j'ai à peine fermé les yeux que…

Inutile pour moi de terminer ma phrase.

Non seulement on m'avait laissé dormir deux heures, mais en plus, c'était le commandant devant moi. Je le saluai immédiatement.

Il me rendit le salut, et me demanda un bref récapitulatif de la situation. J'hésitai quelques secondes, ne sachant pas vraiment par où commencer…

Par le massacre de gardes chinois à un poste-frontière, l'homicide monstrueux à Marseille, les morts chez nous, l'accident… Tout se mélangea très vite dans ma tête endormie. 

_C'est vraiment le bordel, commandant.

_C'est effectivement un bref résumé, Malenfant, mais j'attends quand même un peu plus…

Je lui racontai tout dans l'ordre où ça c'était passé. Il resta silencieux quelques secondes, signe que c'était vraiment un bronx cette fois.

Au bout d'un moment, il demanda à Guillaume où était le nouveau. Guigui gueula pour savoir où était Pierre.

« C'est pour ça que j'le connaissais pas ! »

Le jeune arriva et salua le commandant, qui lui demanda de m'accompagner pour aller voir Thomas.

_Allons, Pierre, vous vous exprimez très bien ! Il n'y a pas de raison pour que vous y échappiez !

« Ca va me changer de l'autre tarbouif d'adjudant ! »

Je souris, alors qu'on se préparait à y aller.

 

 

 

Vu que j'avais pioncé, Pierre me tînt au courant de c'qui c'était passé durant deux heures.

Ils avaient récupéré le coeur chez le père pour le greffer sur le fils. Les marques de pneu laissées sur la route étaient bien celles de la voiture des Vidal.

Samir avait rappelé et c'était Guigui qui l'avait eu au téléphone. Apparemment, la victime à Marseille était pas française non plus. Mais elle avait aucun lien avec la Chine

_Laisses-moi deviner… Il était armenien. Ou coréen !

_Raté ! ria Pierre. Il était colombien.

J'en pouvais plus de tous ces étrangers qui venaient crever pratiquement d'vant la caserne.

Pas un n'avait la même nationalité. Aucun n'était lié à l'autre. Le seul élément déterminant, c'était les griffures. Et encore. Elles variaient de taille selon les lieux.

Mais ça m'faisait flipper quand même d'enquêter sur ce genre d'trucs bizarres. Le surnaturel, c'était vraiment pas mon truc.

Mais faire mon boulot, ça, ça l'était. Et même si j'me chiais dessus, je le ferais.

J'l'avais promis à Lise.

Pierre me confia que la D.S.T. avait carémment envoyé quelqu'un pour Marseille.

_Alors c'est p't'être vrai tout ça. Si la direction de surveillance du territoire s'interesse à ça, on court peut être après une espèce de monstre sorti d'un labo planqué je n'sais où.

_Je ne pense pas qu'il y ait quoique ce soit de fantastique dans cette affaire. J'imagine par contre un groupe extrêmement organisé qui est capable de mener en bateau des forces de l'ordre. N'importe qui ne peut pas faire ce qu'ils ont fait à Saint Antoine, ou à Marseille. On a affaire à des professionnels qui ont le sens de la mise en scène.

« C'est vrai qu'il parle bien… »

Il avait sûrement raison. Si la D.S.T. y était, peut être que l'un des parents cachait quelque chose qui le liait à ces clandestins.

 


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14/08/2007
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